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Sujet: 

Conférence "Vivre Tchernobyl", Lyon, 15-16 mai 08.


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BeateOffline
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MessageConférence "Vivre Tchernobyl", Lyon, 15-16 mai 08.


Evénement de départ 15 Mai 2008 pendant 2 jours

Posté le: 14. Fév 2008, 20:04
Répondre en citant

Citation:
Wladimir Tchertkoff

"ENFANTS DE TCHERNOBYL BELARUS"


Appel du Professeur Nesterenko
Pour la survie de l’Institut Belrad


En accueillant l'invitation de venir à Lyon les 15 et 16 mai 2008 à la Conférence que la Région Rhône-Alpes consacre à la catastrophe de Tchernobyl, le professeur Vassili Nesterenko a signalé à M. Christophe Bisson, organisateur de cette conférence, la gravité de la situation sanitaire dans les territoires contaminés du Bélarus pour les enfants et l'a prié de transmettre à Madame Hélène Blanchard, Vice-présidente du Conseil Régional, sa demande de l'aider à trouver des financements pour un projet de radioprotection qu'il lui a adressé. Le professeur Nesterenko a commenté sa requête en ces termes:

"Vingt deux ans sont passés depuis l'accident de Tchernobyl. La catastrophe sanitaire chez les habitants des territoires contaminés s'aggrave d'année en année. L'analyse de la radioprotection de la population, en particulier des enfants, montre le grand manque de projets internationaux de protection radiologique des enfants au Bélarus. Au cours des années passées, je suis venu de nombreuses fois à des conférences dans les pays riches d'Europe occidentale, et j'ai informé sur la situation dramatique de nos enfants et sur les travaux de l'Institut Belrad que je dirige pour les protéger, mais en dehors de discours et de promesses je n'ai obtenu aucun soutien financier de la part des institutions internationales aux projets que j'ai présentés. Les participants européens du projet CORE (coopération et réhabilitation) s'opposent avec toutes sortes de prétextes pseudo-scientifiques au financement de l'additif alimentaire anodin à base de pectine pour les enfants, dont l'efficacité pour l'évacuation accélérée des radionucléides de l'organisme est démontrée depuis de nombreuses années. Les experts occidentaux recueillent les données, mais n'aident pas les enfants. Du point de vue de l'éthique médicale il est inadmissible de mesurer de fortes charges radioactives de césium-137 dans l'organisme des enfants sans leur fournir une cure prophylactique de pectine. Nous réalisons une faible partie des projets nécessaires avec notre association française "Enfants de Tchernobyl Bélarus" (président professeur M. Fernex), mais les moyens de l'association sont insuffisants. De nouveaux projets de radioprotection des enfants sont nécessaires dans six régions parmi les plus contaminées. Je vous envoie la proposition d'un tel projet et je vous prie d'étudier avec Madame Hélène Blanchard, Vice-présidente de la Région Rhône-Alpes, la possibilité pour le Conseil Régional de participer dans un tel projet et de le financer.

Nous devons montrer l'utilité pour les enfants de Tchernobyl d'une conférence comme la vôtre. Après toutes ces années de souffrance de nos enfants, nous limiter à fournir seulement de l'information, sans utilité pour eux, serait immoral.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me répondre au plus rôt.
Professeur V.Nesterenko"

Pièce jointe. - Projet : "Diminution de l'irradiation radiologique des habitants des districts de Leltchitsy, Elsk, Narovlia et Vétka de la région de Gomel du Bélarus, au moyen du suivi radiologique, de l'éducation radiologique permanente et de la radioprotection".

***
Le professeur Vassili Nesterenko, académicien de la République du Bélarus, dont la compétence scientifique est reconnue tant au niveau international qu'au Bélarus, est un témoin qui connaît et vérifie par ses travaux la gravité des conséquences actuelles et futures de la catastrophe de Tchernobyl pour la santé des populations. Il a le rare mérite de dire ouvertement ce qu'il voit comme physicien et expert en radioprotection, sans craindre de critiquer la politique du ministère de la Santé de son pays, qui minimise les conséquences sanitaires de la Catastrophe, désinforme le gouvernement et fait obstacle à ses travaux par des mesures arbitraires. Il faut savoir que le ministère de la Santé de Minsk est le pourvoyeur officiel des données "validées" de l'AIEA de Vienne en matière de radioactivité et de ses effets sur la santé dans les territoires de Tchernobyl.

Sous une forte pression administrative, politique et scientifique l'Institut Belrad que Nesterenko a fondé, le seul indépendant au cœur des territoires contaminés, résiste dans l'isolement d'un véritable état de siège de fait, organisé ad hoc contre lui à l'Est comme à l'Ouest. Il ne subsiste, pour le moment, dans cet étau que grâce à l'aide fragile et insuffisante de quelques associations de la société civile occidentale, formées de citoyens peu nantis. (Dix collaborateur, sur les 45 qui formaient son institut à l'origine, ont dû quitter Belrad à cause de salaires trop bas par rapport au coût de la vie à Minsk.)

Personne ni rien n'est irremplaçable, dit-on banalement dans notre monde en mutation permanente. Aussi, le jour où cet instrument de radioprotection efficace et de connaissance objective de la réalité aura disparu à cause de l'incapacité des riches du monde dit "libre" de s'unir et de faire converger sur lui leurs possibilités, peu d'esprits se rendront compte de la chance exceptionnelle que le courage et la détermination de ce scientifique expérimenté ont représenté pour tous. Sans lui nous ne saurions rien de des dimensions et de la gravité de la contamination dans les villages du Bélarus, ni de ce qui nous attend tous, lors du prochain "accident majeur" que l'Agence internationale pour l'énergie atomique elle-même prévoit. Il n'y aura plus d'armée des "liquidateurs" sacrifiés par le régime totalitaire de l'URSS pour maîtriser de quelque manière les éléments déchaînés, limiter les effets de la catastrophe. Les descendants de notre génération seront étonnés de notre inconscience.

Suite à la catastrophe de Tchernobyl il a été démontré par des travaux sur les campagnols des champs des territoires relativement peu contaminés (ces animaux se reproduisent beaucoup plus rapidement que les humains) que l'instabilité du génome se transmet de la mère au petit en s'aggravant et en se compliquant jusqu'à la 22ème génération observée1. Il s'est avéré que le taux de mutations d'un gène transmis est plusieurs centaines de fois supérieur à ce que l'on connaissait à ce jour dans le règne animal. Comme l'homme et les rongeurs se comportent sur le plan de la génétique de façon comparable, ces données ont amené le Prof. Hillis de l'université du Texas, à terminer l'éditorial dans la revue Nature du 25 avril 1996, sur ce sujet par cette phrase: " Aujourd'hui nous savons que le pouvoir mutagène d'un accident nucléaire peut être beaucoup plus grave que suspecté jusqu'ici, et que le génome des eucaryotes peut présenter des taux de mutations jusqu'ici jamais considérés comme possibles".2

Pour être moralement et politiquement sincère et cohérente, l'invitation que Madame Mireille Musso, ambassadrice de France et d'Areva à Minsk, vient d'adresser aux autorités biélorusses de garantir la sécurité radiologique aux populations, - au moment où elle offrait la collaboration de la France à la construction d'une centrale atomique dans le pays le plus atteint par la catastrophe de Tchernobyl (cf. pièce jointe), - devrait être accompagnée au moins du soutien politique et financier de la France aux travaux de radioprotection et d'information indépendants de l'Institut Belrad. Est-ce vraiment déraisonnable de le prétendre? Le coût pour le budget de l'Etat français ne serait certainement pas prohibitif et les risques inhérents à ce type d'opération seraient mieux connus par tous et pour tous.

Wladimir Tchertkoff, secrétaire adjoint
"Enfants de Tchernobyl Bélarus" - Origlio (Suisse), le 12 février 2008

Déclaration de l'ambassadrice Mireille Musso

La France comprend l'opportunité de construire une centrale nucléaire au Belarus, Mireille Musso ambassadrice française l'a affirmé à une conférence de presse lundi 11 février 2008 à Minsk.

Elle a dit que la question était de première importance dans le contexte des efforts pour diversifier les sources d'énergies

Mme Musso a rappelé qu'en 2006, l'ambassade a organisé un voyage pour une délégation du Belarus en France, où ceux -ci ont pu rencontrer des dirigeants du géant Areva de l'industrie nucléaire Française

Elle a affirmé que l'ambassade pourrait aider à renforcer les contacts avec la compagnie industrielle Française.

Elle a affirmé que les autorités Françaises pourraient être intéressées dans une coopération avec le Belarus pour la sûreté nucléaire en collaboration avec l'AIEA

L'ambassadrice a exprimé son espoir que les autorités Belarus prendraient toutes les mesures pour s'assurer de la sûreté du réacteur.


Citation:
Association "Enfants de Tchernobyl Bélarus"
Siège Social : 20 rue Principale, 68480 Biederthal (France)
E mail : etchernobyl@doubleclic.asso.fr
Site : http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr/Lien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre

Compte – Rendu de l’ Assemblée Générale Annuelle 2007
Paris, le 17 novembre 2007

Les montants transmis à Belrad sont toujours liés à un projet d'aide défini par un protocole, proposé par Belrad et approuvé par nous. L'institut de Génétique de Minsk dirigé par Rose Goncharova les années passées a été subventionnée pour ses recherches sur la persistance et l'aggravation des dommages génétiques autour de Tchernobyl. La cause de cette aggravation malgré la baisse de la radioactivité artificielle dans l'environnement est due à l'instabilité génomique produite par l'irradiation initiale élevée. Ce phénomène découvert récemment explique que des doses chroniques bien plus basses que celles que l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) "admet", engendrent des anomalies transmissibles aux enfants, des anomalies du système immunitaire et diabète grave de l'enfant, les cancers.
Notre engagement au côté d’ "IndependentWHO" vise à rendre à l'OMS sa possibilité de reconnaître et signaler les souffrances de millions de victimes dont 1/3 d'enfants, suite à Tchernobyl, de mettre fin au contrôle et à la censure imposée par l'AIEA, comme stipulé dans l'accord signé en 1959.

Exposé du Professeur Vassili Nesterenko

Le professeur Nesterenko avait fourni pour l'AG un résumé écrit de la situation très difficile à laquelle Belrad est confronté. Il nous montre qu'une partie des campagnes de mesures par spectrométrie se poursuivront, ainsi que les cures de pectine, en dehors des écoles le plus souvent, dans des communautés religieuses et chez des enfants partants en cure à l'étranger.
V. Nesterenko a présenté à l’aide d’un diaporama les résultats des mesures spectrogammamétriques chez les enfants de certains villages pendant l’année 2007 nécessitant une aide d’urgence.
Nous demandons à Belrad de rassembler les mesures de Cs-137 réalisées chez 200'000 enfants ces 7 dernières années dans des districts ruraux contaminés du Bélarus. L'atlas qui résultera, indiquera la charge radioactive interne de chaque victime mesurée par spectromètre, à laquelle sera ajoutée l'irradiation externe. Les mesures répétées permettent de connaître la cause des maladies dont souffre la population des régions contaminées par les retombées radioactives de 1986. (Les données officielles, basées sur la consommation supposée d'échantillons de lait et de pommes de terre, ignorent les mesures individuelles et donnent la moyenne du village. Elles ne reconnaissent pas la corrélation entre les maladies de l'enfant et la contamination réelle de son organisme.)

Appel international des professionnels de la santé :

Lancé le vendredi 30 novembre 2007 à Genève par des professionnels de la Santé représentant les branches principales de la profession, à parité homme /femme et avec au moins un représentant par continent, l’Appel international des Professionnels de la Santé demande que l’OMS recouvre son indépendance, conforme à sa Constitution, notamment dans le domaine des rayonnements ionisants.
Il requiert donc que la révision de l’Accord OMS – AIEA ( WHA 12-40) daté du 28 mai 1959 soit inscrite à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée Mondiale de la Santé en Mai 2008 pour que l’OMS puisse " agir en tant qu’autorité directrice et coordinatrice, dans le domaine de la santé " ; stimuler et guider la recherche … "; fournir toutes informations, donner tous les conseils et toute assistance dans le domaine de la santé " [Article 2 a, n et q de la Constitution de l’OMS] lorsqu’il s’agit de rayonnements ionisants ou des conséquences sanitaires de Tchernobyl.

L’Appel des Professionnels de la Santé a pour but également d’éclairer et d’informer les acteurs de la Santé du monde entier sur les véritables conséquences sanitaires dans les régions hautement contaminées suite à la catastrophe de Tchernobyl.
L'appel des professionnels de la santé est à signer exclusivement par tous les professionnels de la santé ( médecins, thérapeutes, infirmières, pharmaciens, etc.) avec une seule signature par Appel. Cet appel peut également être signé en ligne sur http://www.independentwho.info.Lien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre
Nous vous invitons donc à le faire circuler autour de vous (appel joint à ce courrier)

Le samedi 26 avril 2008 à Genève et la semaine suivante, Le collectif « Pour l’indépendance de l’OMS » organisera un grand évènement à Genève (projections de films, diaporama, théâtre, une Grande Vigie d’Hippocrate autour de l’OMS etc..) à l’occasion de la commémoration du 22ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Nous vous convions à ce grand rendez-vous, si vous souhaitez participer à l’organisation de ce grand évènement : prendre contact avec Paul Roullaud paul.roullaud@free.fr Tel : 02.40.87.47 ou Bernard Nicolle bnicolle@wanadoo.fr Tel : 02.99.69.70.41

Appel à financement :

Pour le projet de l’Atlas (200 000 mesures dans 200 villages) prévu en 11 étapes, pour continuer à protéger les enfants par des cures de pectine et soutenir les équipes de Belrad, nous vous serions reconnaissants de poursuivre votre soutien financier aux "Enfants de Tchernobyl Bélarus".

Les membres du bureau : Michel Fernex Wladimir Tchertkoff Marinette Zappelini Véronique Ratel


Programme : http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article4732Lien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre


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MessageConférence "Vivre Tchernobyl", 15-16 mai 2008, LYO


Posté le: 14. Fév 2008, 20:20
Répondre en citant

Ecole normale supérieure de Lyon
46, allée d'Italie
69364 Lyon cedex 07

Citation:
VIVRE TCHERNOBYL

Conférences – film – exposition

Mémo Vivre Tchernobyl


L’accident nucléaire de Tchernobyl de 1986 est considéré comme la plus grande catastrophe technoscientifique de tous les temps : le « nuage » a fait plusieurs fois le tour de la planète en propageant les radionucléides dans de nombreuses régions du monde ; au Belarus, en Ukraine et en Russie 10 millions de personnes vivent encore aujourd’hui en territoire contaminé ; la France comme une grande partie de l’Europe n’a pas été épargnée : l’Alsace, le Sud-est et la Corse ont été touchés durablement. De plus la catastrophe de Tchernobyl n’est pas un événement appartenant au passé, circonscrit dans le temps ; en Ukraine on dit qu’elle est « un arbre qui pousse » : les effets et conséquences sanitaires s’amplifiant au fil du temps, cette catastrophe, inédite par son ampleur et son étendue dans l’espace et le temps, nous a appris qu’un accident local peut avoir des conséquences globales engageant l’avenir de tous.

Tchernobyl s’impose comme le signal permanent d’un devenir possible de l’environnement et de l’humanité.

Le conseil régional Rhône-Alpes se propose d’organiser à l’ENS-sciences les 15 et 16 mai 2008 un événement culturel public, Vivre Tchernobyl, ayant pour vocation de fournir à toutes et tous des éléments de réflexions et de connaissances sur la question du nucléaire qui s’impose en toute légitimité dans le pays le plus nucléarisé du monde. Pour étayer cette réflexion publique nous proposons un cycle de conférences et de débats sur deux jours en faisant intervenir des témoins directs, des scientifiques, des médecins, des journalistes, des représentants d’ONG et d’associations, des sociologues, des écrivains, des artistes et des philosophes. Au fil des interventions nous reviendrons sur la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences sanitaires, sociales et politiques ; nous considérerons les différents types d’actions émanant de la société civile ; nous traiterons du travail collectif de mémoire et de la constitution d’une culture post-catastrophique ; nous prolongerons enfin notre réflexion sur le devenir et la métamorphose des sociétés technoscientifiques. Parallèlement aux conférences nous organisons une exposition des photographies de Guillaume Herbaut qui a réalisé une série de portraits de familles au Belarus intitulée Tchernobylsty ainsi que la série de peintures, Sarkophagos, de Christophe Bisson qui se déploie autour de l’image iconique du sarcophage de Tchernobyl. Par ailleurs nous accueillerons dans le hall du lieu de conférence des associations qui présenteront leur action au public.


Déroulé (provisoire) du programme Vivre Tchernobyl (résumé)

Jeudi 15 mai

9h00 Discours d’ouverture

10h00 Bilan sanitaire de la catastrophe de Tchernobyl

Intervenants : -Rose Goncharova (Belarus) Professeur à la tête du laboratoire de Sureté génétique à L’Institut de Génétique et de Cytologie à l’académie nationale des sciences du Belarus.

-Vassili Nesterenko (Belarus), physicien, ex-directeur de l'Institut de l'énergie nucléaire de l'Académie des sciences de Biélorussie qui travaille sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Depuis 1990, il est directeur de l'institut indépendant biélorusse de protection radiologique « Belrad » qu'il a créé en 1989.

-Youri BANDAJEVSKY (Belarus), spécialiste d’anatomie pathologique, ex recteur de l’institut étatique de Gomel.

-Michel Fernex (suisse) Professeur émérite, Faculté de Médecine de Bâle, ex-membre de Comités Directeurs de TDR (Programme spécial de Recherche pour les Maladies Tropicales), médecin retraité de l’OMS.

- Angelina Nyagu (Ukraine) Docteur au centre de médecine radiologique de Kiev et présidente de l’association Les médecins de Tchernobyl.

- Alison Katz Sociologue et psychologue ayant travaillé pendant 18 ans à l’OMS, membre du People’s Health Movement.

- Chris Busby (Grande Bretagne). Professeur à l’Université de Liverpool au département de biologie cellulaire. Consultant dans le cadre de la campagne d’étude portant sur les faibles radiations et Directeur de Green audit qui se consacre à des études environnementales indépendantes.

14h00 L’action des ONG et des associations humanitaires.

Intervenants : - Adi Roche (Irlande), Fondatrice et directrice de Chernobyl Children’s Project
- Jean-Claude Autret, (France), ex-président et membre de l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest).
-Tatiana Kotlobaï (Biélorussie), représentante de Pousse de vie, association indépendante biélorusse intervenant auprès des populations en zone contaminée dans le district de Braguine, un des territoires les plus touchés par les retombées radioactives et les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.
- Roland Desbordes (France). CRIIRAD. Alors que les services officiels indiquent que la France, en raison de son éloignement, a été totalement épargnée par le nuage radioactif de Tchernobyl, des familles entières consomment, sans le savoir, du lait, du fromage, des légumes frais... gorgés de produits radioactifs. C’est en réaction au manque de prise en considération des conséquences de cet accident pour l'environnement et l'être humain que la CRIIRAD s'est constituée.
-Maryvonne David-Jougneau (France). Comité BANDAJEVSKY. Agrégée de philosophie et docteur en sociologie, détachée au CNRS, elle est l’auteur de nombreuses publications, dont le dissident et l’institution, ou Alice au pays des normes et Antigone ou l’aube de la dissidence et a cosigné avec B.Doray la descente aux enfers du professeur Bandajevsky dans le revue Sud/Nord.
- Almoustapha ALHACEN (Niger). AGHIR IN MAN. Président de l’ONG AGHIR IN MAN qui lutte au Niger pour la défense des droits humains et de l’environnement. Il intervient dans le domaine du contrôle de l’impact des mines d’uranium exploitées au Niger par des filiales d’AREVA.
- Wladimir Tchertkoff (Italie, Suisse) Journaliste italien, réalisateur de films documentaires. En 30 ans de collaboration, d'abord avec la RAI puis avec la Télévision de la Suisse italienne, il a réalisé plus de 70 documentaires d'approfondissement, sur des thèmes sociaux, politiques, économiques et d'analyse de relations de pouvoir. Connaissant la langue russe, il a travaillé une douzaine de fois dans les territoires de l'ex Union Soviétique (Russie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan). .

Modérateur : Guillaume Grandazzi (France). Sociologue, il travaille depuis une dizaine d’années sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl et a codirigé le livre Les silences de Tchernobyl. L’avenir contaminé (Autrement, 2004, 2006). Dans le cadre de plusieurs projets, il a réalisé une quinzaine de missions dans les territoires contaminés de Biélorussie.

16h00 Projection du film Vivre Tchernobyl réalisé par Maryann De Leo. Rencontre avec la réalisatrice

17h30 Vernissage de l’exposition

Discours de Madame Hélène Blanchard + invités


Vendredi 16 mai

10h00 Quel devenir pour les sociétés technoscientifiques?

L’homme doit-il assumer silencieusement son devenir-technologique comme un destin et se résoudre à la fatalité, ou peut-il encore espérer peser sur le cours de l’histoire en refusant la perspective de la catastrophe ? Le choix du nucléaire, pris entre la mauvaise conscience que rappelle la mémoire de Tchernobyl et sa supposée nécessité face au risque de réchauffement climatique, pose avec force la question de notre responsabilité dans le devenir probable de l’humanité. Cette question, qui s’annonce comme étant l’une des plus importantes du siècle qui commence, ne peut être abordée que de manière complexe et pluridisciplinaire, c’est la raison pour laquelle cette table ronde réunira des spécialistes mondiaux francophones, tant d’un point de vue philosophique et anthropologique que de celui des connaissances techniques et empiriques.

Intervenants : -Jean-Pierre Dupuy (France), philosophe, professeur à Stanford (USA), professeur retraité de l’école polytechnique. Il est l’auteur de Pour un catastrophisme éclairé.

-Mycle Schneider (France) est consultant international en énergie et politique nucléaire. Entre 1983 et avril 2003, Mycle Schneider était directeur de l’agence d’information spécialisée sur l’énergie WISE-Paris et rédacteur en chef de ses publications, en particulier du projet Internet Investigation Plutonium (www.pu-investigation.org). Depuis 2007, il est membre du International Panel on Fissile Materials (IPFM), basé à l’Université de Princeton (www.fissilematerials.org). En 2006-2007, il a fait partie d’un consortium de consultants chargé d’analyser l’organisation des fonds de démantèlement et de gestion des déchets pour le compte de la Commission Européenne. En 2005, il a été conseillé le Committee on Radioactive Waste Management (CoRWM) au Royaume Uni sur des questions de sécurité nucléaire.
-Jean-Philippe Desbordes (France): Journaliste, conseiller éditorial aux Editions Actes Sud et chargé de cours au pôle audiovisuel Charles Cros (Université Marne la Vallée), auteur de Atomic Park.
- Alain Gras (France) est un des principaux penseurs de la technique en France, professeur de socio-anthropologie des techniques à Paris.
- Karpan Mykola (Ukraine) Physicien. Membre du comité ukrainien de régulation nucléaire. En 1986, il travaillait en tant qu’ingénieur en chef à la centrale de Tchernobyl. Le 26 avril 1986 il a participé sur place à la localisation de l’accident.
Modérateur : Frederick Lemarchand (France). Socio-anthropologue à l’Université de Caen Basse-Normandie, coresponsable des Silences de Tchernobyl (Autrement), travaille depuis dix ans sur les conséquences anthropologiques de la catastrophe, conseiller scientifique de l’exposition Une histoire de Tchernobyl (Barcelone), auteur d’une douzaine d’ouvrages collectifs et directeur de deux Universités européennes d’été consacrées à Tchernobyl.


14h00 Art, Culture et mémoire.
-panel organisé et animé par Galia Ackerman. Elle invitera deux personnalités russophones concernées par Tchernobyl.

Spécialiste du monde russe et postsoviétique, Galia Ackerman est journaliste à Radio France Internationale, essayiste et traductrice. Historienne de formation, elle est également chercheur associé au laboratoire LASAR de l'université de Caen, qui étudie les aspects sociaux de la catastrophe de Tchernobyl. Elle est commissaire de la grande exposition "Il était une fois Tchernobyl", présentée au Centre de culture contemporaine de Barcelone de mai à octobre 2006. Elle est l’auteur de Tchernobyl, retour sur un désastre, 2006.

16h00 Autour de la Supplication de Svétlana Alexiévitch

Rencontre-débat avec Svetlana Alexievitch (Belarus)

Svetlana Alexievitch, née le 31 mai 1947, est écrivain et journaliste biélorusse, dissidente soutenue par le PEN club et la fondation Soros.
Elle a reçu de nombreux prix prestigieux pour son roman La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse (1997).

Lecture de textes.

Modérateur: Bruno Boussagol (France), metteur en scène ayant adapté au théâtre La supplication.

18h00 Clôture


Exposition artistique Vivre Tchernobyl

Lecture d’extraits de La supplication de Svetlana Alexievitch en présence de l’auteur

Entretien dans le cadre des conférences avec l’auteur Belarusse par le metteur en scène Bruno Boussagol.

Projection en exclusivité du film de Maryann De Leo Vivre Tchernobyl


Programme officiel, inscription : http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article4732Lien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre

Lien vers le programme de l'année dernière :
http://www.sortirdunucleaire.org/ag.....ns/docs/programme-ENS.docLien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre
_________________
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Messagecolloque : ne pas oublier Tchernobyl et ses victimes


Posté le: 17. Mai 2008, 12:04
Répondre en citant

http://www.enviscope.com/15032-Tche.....s-doses-contamination.htmLien qui quitte ce forum et ouvre une nouvelle fenêtre

Citation:
Un colloque scientifique réunit depuis ce jeudi, et pour ce vendredi, chercheurs, responsables associatifs, élus, pour évoquer les conséquences de la catastrophe.

Ne pas oublier Tchernobyl. Hélène Blanchard, vice-présidente de Rhône-Alpes pour l'environnement et la prévention des risques, a cité Koffi Annan, qui, quand il était Secrétaire général des Nations Unies expliquait qu’il ne fallait pas oublier la catastrophe pour deux raisons. Oublier Tchernobyl, c’est s’exposer à voir se renouveler une catastrophe de même ampleur. Oublier, c’est abandonner 7 millions de personnes qui ne peuvent vivre sur leur terre.

Le colloque « Vivre après Tchernobyl », commencé ce jeudi matin à l’Ecole Normale Supérieure de Sciences de Lyon, qui se poursuit ce vendredi , a pour objet de revenir sur les conséquences à long terme de la catastrophe.

Contamination des milieux

Le premier constat a porté sur la contamination des milieux. Rose GONCHAROVA (Biélorussie), Professeur responsable du laboratoire de Sûreté génétique à L’Institut de Génétique et de Cytologie à l’Académie Nationale des Sciences en Biélorussie, a mené des recherches sur les conséquences génétiques. « La contamination par des dépôts de césium a touché toute l’Europe, mais c’est surtout le territoire du Bélarus qui a été touché. Les valeurs de césium et de strontium dépassent toutes les planchers reconnus de façon permanente et notre laboratoire a étudié les effets sur les cellules animales et germinatives »

Aujourd’hui, en Bélarus, les aliments sont particulièrement contaminés. Pour la viande de bœuf, elle est presque de 500 becquerels par kilo, pour le lait de 100 Becquerels par litre, alors qu’en France, la contamination admise est de 01 ou 0,3 becquerel par litre. « La contamination est suivie partout. Nous avons créé sept laboratoires mobiles pour évaluer la contamination de 250 000 enfants dont seulement 10% expriment moins de 20 Becquerels par kilo. L’alimentation est contaminée par du césium qui restera à la surface des sols pendant des dizaines d’année"

Angelina NYAGU, Docteur au centre de médecine radiologique de Kiev et présidente de l’association "Les médecins de Tchernobyl" insiste aussi sur les pollutions des sols, des milieux aquatiques en césium et en strontium. Or, huit millions de personnes boivent de l’eau du Dniepr et 30 millions utilisent cette eau pour des besoins agricoles.

Effets à faibles doses

La pollution des milieux et des aliments, même à faibles doses a plusieurs conséquences. « Nous nous sommes intéressés à l’effet sur la santé d’exposition à faibles doses des rayonnements ionisants. Certaines études internationales affirment qu'il n'y a qu'une augmentation du cancer de la thyroïde, sans augmentation de la fréquence des cancers sur d’autres organes. Nous avons des informations contraires, et on peut calculer à partir des doses à des effets cancérigènes » explique Rose GONCHAROVA. En 1985, la Biélorussie les personnes en bonne santé,représentaient plus de 80% de la population . Actuellement, 30% seulement des habitants de certaines régions sont en bonne santé et seulement 13% d’enfants sains. « Le problème n’est pas de faire revenir des personnes dans les zones, c’est de maintenir la santé des habitants qui y sont restés ».

Les chercheurs biélorusses ou ukrainiens présents ce jeudi, ont indiqué que de plus en plus d’études concluent à des liens entre pathologies et exposition à des doses moins fortes que les doses provoquées par l’explosion. Ils expliquent qu'il faut étudier la population touchée par des cancers, s'intéresser aux effets non tumoraux, aux pathologies cardiaques, au cancer du sein. Ils ont exprimé leur divergences avec les chercheurs du reste de la communauté scientifique mondiale, en particulier les chercheurs d’organismes dépendants de l’Organisation Mondiale de la Santé, de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Comparaison avec Hiroshima

Les thèses en présence sont les suivantes. Les chercheurs de l’Organisation Mondiale de la Santé, et de nombreux experts du cancer et des expositions aux radio-éléments, prennent comme référence les effets bombardements de Hiroshima et de Nagasaki qui ont causé par effet de flash, des conséquences quasiment immédiates. La conclusion dominante est que les effets de la catastrophe de Tchernobyl ont été immédiats. Les effets à termes sont considérés comme inexistants, ou dus à la dégradation des conditions de vie depuis vingt ans. « On nous dit qu’on a des problèmes causé par la pauvreté, l'alcoolisme» explique un chercheur. Or les chercheurs présents ce jeudi estiment que les problèmes de santé sont bien dus aux contaminations. En l'absence des chercheurs mis en cause, les échanges n'ont pu prendre la forme d'une véritable controverse scientifique.

Effets à long terme au Japon aussi

Plusieurs études montrent que des les effets de la catastrophe ne sont pas seulement immédiats. Il a été rappelé ce jeudi, qu'au Japon, longtemps après les bombardements atomiques, on a observé leucémies et thyroïdes. Déjà en 1974 les premiers travaux ont parlé d’autres tumeurs chez des individus exposés à des doses très faibles et ces personnes sont toujours surveillées.

Les divergences ne sont pas seulement scientifiques et médicales. Elles révèlent, selon les échanges d’hier, des divergences plus profondes.

Prise en charge insuffisante des victimes

La négation des effets à terme de la catastrophe ralentit la prise en charges des malades, en particulier des enfants. Vassili NESTERENKO (Biélorussie), Physicien, ex-directeur de l'Institut de l'Energie nucléaire de l'Académie des sciences de Biélorussie est depuis 1990, il est directeur de l'institut indépendant biélorusse de protection radiologique « Belrad » qu'il a créé en 1989. L’institut mesure la radioactivité dont sont porteuses les victimes, en particulier les enfants.

Il développe aussi l’utilisation de pectine, un aliment à partir de pommes, qui absorbe et permet d’éliminer le césium. Faute de soutien, les 270 centres qui distribuaient la pectine ont fermé. La prise en charge des enfants (voyages à l’extérieur, modification de l’alimentation, prise de pectine) permet de réduire les doses exprimées, mais elle est aussi difficil

Un crime

Pour Youri BANDAJHEVSKY (Biélorussie), spécialiste d’anatomie pathologique, ex-recteur de l’institut étatique de Gomel, l’absence de prise en charges des populations, en particulier des enfants, est un crime. Pour lui les expositions aux effets du nucléaire sont plus anciennes que la catastrophe. Cette dernière a servi de révélateur d'un crime d’Etat qui a consisté à exposer pendant des années, avant même la catastrophe, à des radiations. La présence de contamination antérieure peut à la fois masquer, mais aussi préparer le terrain pour des effets cumulés. Les obstacles à la recherche constituent aussi des éléments criminels de la part de l’Etat biélorusse.

Mais la négation de la situation écologique et sanitaire en Bélarus est aussi lourde de signification pour la gestion de l’énergie nucléaire. Les positions de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), de l’OMS, sont interprétées comme un alignement sur les positions du « lobby » nucléaire. Taire, minimiser les conséquences de Tchernobyl, permet en effet de relancer la technologie nucléaire.

La gestion du dossier Tchernobyl, sur le plan de la rigueur scientifique, est donc capitale, sur le plan social, pour les adversaires de la technologie nucléaire, mais aussi pour ses partisans qui veulent être responsables et honnêtes.

Les débats de l’après-midi, ont logiquement élargi les échanges aux rôles, en France, de la presse et des chercheurs. Maryvonne DAVID-JOUGNEAU (France), une des fondatrices de l’Ex-Comité BANDAJHEVSKY, a souligné combien il avait été difficile de sensibiliser les médias au dossier Youri Bandajevki, quand ce dernier était privé de liberté en Belarus. Elle a mis en cause l’indépendance des chercheurs, la domination de la science anglo-saxonne et l’insuffisance de la prise en compte de la recherche en langues slaves. Jean Claude Dautret, de l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest ( ACRO) a rapporté des actions menées par l’association en Bélarus. Il a insisté sur l’ampleur des contaminations de milieux, dont certaines dureront des milliers d’années, et les lacunes de la connaissance scientifique sur les effets des faibles doses à long terme. De quoi justifier, par rapport au nucléaire, la plus grande prudence.

Michel.deprost@free.fr


Voir aussi :
- Grenoble: l'Autorité de Sûreté Nucléaire suit les mutations du Polygone scientifique
- Centrale nucléaire de Cruas-Meysse: l'Autorité de Sûreté note une dégradation du management de la sûreté
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